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Une photo, une envie, un voyage : Picos de Europa

En Espagne dans la cordillère Cantabrique se trouve un endroit appelé les pics d'Europe (Picos de Europa ou Los Picos - voir encadré). L'envie a germé suite à une photo publiée dans Road Trip n°9 dans l'article Carnet de voyage : Saint Jacques de Compostelle... Une info glanée sur internet m'apprend qu'il s'agit peut-être de 'l'embalse de Riano"... Sans être sûr de l'endroit, ma décision est prise d'y aller voir au printemps 2014. Un contretemps fâcheux a failli m'en empêcher. Fin Mars, mon Stelvio subit les affres mécaniques connus de ce modèle et il doit faire l'objet d'un remplacement des AAC, poussoirs et autres godets. Heureusement, mon concessionnaire et Motoguzzi ont su faire le nécessaire (signe encourageant de l'évolution du SAV Motoguzzi à confirmer par d'autres clients...) et tout est en ordre de marche le 11 avril au soir. Je pars le lendemain...




 2 Videos du voyage ici


L'itinéraire suivi :




















Ce 12 Avril 2014, la première étape m'emmène de Toulouse à Getaria dans le pays basque. Je reprends connaissance avec ma moto. J'ai la banane. Fini ce bruit de culbuteurs qui jouent les castagnettes, même si pour l'endroit ou je vais, cela peut être de circonstance. La jauge, également remplacée fonctionne et m'indique bien maintenant, le niveau de carburant. Ce sera ma plus longue étape. Mon passage en Espagne se fait vers 15h00 après Hendaye et la merveilleuse route de la Corniche qui part de Saint-Jean-De-Luz. Je passe à Hondarribia et m'engage sur les hauteurs pour rejoindre San Sebastian par une belle petite route malheureusement dans la brume aujourd'hui. 

Hendaye et Hondarribia




Connaissant déjà, je traverse la ville par la périphérie pour rejoindre la route devant m'amener à mon hôtel. Getaria est un petit port de pêche situé au milieu d'un vignoble fabriquant un vin blanc: le Txakoli.  Mon auberge est, d'ailleurs, éloignée du village et au milieu des vignes. 


Getaria

Picos de Europa : 
Les pics d'Europe sont situés entre les provinces des Asturies, Leõn et la Cantabrie à une trentaine de kilomètres de l'océan Atlantique. Pour les marins (venant de l'Ouest dans l'océan Atlantique) naviguant "à vue" c'étaient les premières terres visibles à l'horizon. L'endroit est un parc national depuis 1918. Paradis des randonneurs et montagnards compte tenu de la diversités de sommets à plus de 2000 m, le climat y est particulièrement humide. C'est aussi une réserve de la biosphère ponctuée d'une multitude de richesses : forêts, défilés, sommets rocheux, vallées, grands lacs glaciaires, etc...

Plus d'infos : 
spain info : Vous pouvez y demander l'envoi d'une brochure. 
picoseuropa.net (en espagnol)
Je me mets à l'heure espagnole pour le repas du soir et profite de ces quelques heures au coin d'un feu dans un fauteuil confortable pour commencer cet article. A 21h je m'installe à table pour une soupe de poisson, des calamars farcis et un morceau de brebis sans oublié de goûter ce fameux Txakoli (voir ce lien). Le tout, simple, efficace et délicieusement espagnol.

Le lendemain réveil à 7h00 car la journée est longue. Je sens une certaine agitation à l'extérieur. En effet, c'est le jour d'une marche de montagne qui part de Zarautz pour 80 km.
C'est l'effervescence car tous les participants passent devant l’hôtel pour accéder à un sentier. La police fait la circulation et les ambulances sont là en prévention. Mon itinéraire va longer la côte basque, ce @%*$ de google map ne me permet pas de le montrer sur la carte de cet article. Je passe par Zumaia, Ondaroa, Lekeitio, Laida, Gernika, Bermeo, Sopalana pour rejoindre Getxo. Mon coté contemplatif est ravi même si une brume de mer s'est installée. Malgré le GPS je me perds dans les faubourgs de Bilbao. Cette perte de temps m'encourage à rechercher un itinéraire plus rapide car mes arrêts du matin m'ont retardé. Le passage de "Muskiz" me fait quitter le pays basque pour entrer dans la Cantabrie. L'autovista, prise, peu avant Laredo, m’amène plus vite à San Vincente de la Barquera. Peu après Panes s'engage le défilé de la Hermida qui fait partie du tronçon m'amenant à Potes, l'étape de ma journée. La brume de mer s'est bien épaissie au niveau de Santander. Je retrouve le soleil après La Hermida pour entrer dans Potes avec un soleil radieux qui ne me quittera plus jusqu'à mon retour en France.

Près de Zumaia


Bermeo


Défilé de la Hermida

Les Picos de Europa sont là devant moi.  L’hôtel est charmant, moderne et entièrement rénové pour un tarif plus que raisonnable. La semaine sainte doit commencer aujourd'hui. Dans toutes les villes et villages traversés j'ai croisé beaucoup de monde avec des rameaux. 

Découverte des Picos

Ce matin arrêt à Potes pour faire quelques photos et un tour de ce village pittoresque. Puis je pars vers Espinama pour rejoindre la piste prévue à mon itinéraire.
Potes
Indication fournie par Philippe ROSA de Vibraction lors de ma visite en voisin cet hiver pour des achats de roadbook. Au départ j'en aurais bien voulu un des Picos de europa mais ils ne le commercialisent plus en raison des nombreuses pistes fermées à la circulation. Toujours est-il qu'il m'a indiqué ce tronçon qui doit m'emmener d'Espinama à Sotres avant de rejoindre Oviedo. Une discussion engagée avec le patron de l’hôtel  me confirme que la piste est praticable. Je la prends donc. Elle m'amène sur les hauteurs avec une vue époustouflante. J'ai pris soin de baisser la pression de mes pneus et retirés les assistances. Au départ légèrement empierrées et pleines d'ornières je m'en sors sans difficultés particulières... Une  congère me bloque et m'oblige
Potes




























à revenir à la précédente bifurcation pour prendre un autre chemin.  Je n'ai pas envie d'essayer de passer avec mes Anakee 2 en guise de chaussons. Après avoir pris la bifurcation, la piste s'arrête pour laisser place à un gazon digne d'un green. Le chemin est marqué par des ornières profondes. J'y croise quelques chevaux en pâture. Au bout de ce tronçon herbeux je me trouve devant une situation pour le moins hasardeuse à ce stade.  Je décide de faire une reconnaissance à pied. J'ai, face à moi, un chemin de randonnée plutôt étroit, marqué et empierré qui passe entre deux rochers dont l'un deux est assez haut et plus loin une montée étroite très empierrée également. Le tout étant en dénivelé vers la droite. Cela permet de rejoindre la piste que j'ai abandonnée en raison de la congère. Tout cela sur 100 m environ. J'hésite, pèse les risques et je décide d'y aller en prenant soin d'enlever les pierres les plus grosses sur mon passage futur. J'en sors sans difficultés (si ce n'est mon élargisseur de béquille latérale arraché) et en étant, tout de même, assez fébrile...
Départ piste Espinama








Près de Sotres

La suite se passe assez bien  mais le chemin devient de plus en plus empierré et glissant. Je poursuis avec une concentration extrême en allant très lentement. Au final, j'en sors après 2 heures de bataille.
Refugio de Aliva




























J'ai dû faire 1500 m à peine pendant ce laps de temps. J'ai sans doute perdu quelques kilos aujourd'hui... Après être sorti de ce passage "plutôt technique" je retrouve un chemin à peu près "normal" qui me fait atteindre le premier but de cette journée : Sotres. J'avise un parking sur la gauche et m'arrête pour remettre la pression des pneus, remettre les assistances et faire le tour de la moto pour vérifier qu'il n'y a rien de cassé. La descente par cette route est superbe, le gigantisme des parois rocheuses me donne le tournis. Je quitte la Cantabrie pour passer dans la province des Asturies peu après Sotres. La route vers Oviedo se passe tranquillement et à bonne allure.  J'arrive à mon hôtel vers 17h00 pour une bonne douche et me reposer.
Oviedo




























Le réceptionniste de l'hôtel me donne toutes les infos. Les lieux à voir, les restaurants (j'apprends que la spécialité du coin ce sont les sidreria),  la carte de la ville, etc... Hôtel de grand confort pour un prix modique. Après m'être reposé 2 heures je pars en vadrouille. Je m'installe dans un bar. Je retrouve la convivialité déjà vue en Galice (cf article sur le Portugal), tapas fournis avec les consommations, chaleur humaine, etc... Je rebondis ailleurs avant d'aller dîner... La ville fourmille, cela me change des villages précédent et des lundi français. Il est 21:40 et je n'en peux plus depuis mon petit-déjeuner et l’encas pris à 15:00...je la joue efficace et prend un restaurant à la sortie du bar car j'ai oublié de préparer ma soirée. Je suis le premier client. 20 minutes plus tard le restaurant est plein. Quel rythme si différent ces espagnols...
Oviedo

Oviedo

La matinée commence par un réveil tardif. Ce repos est bienvenu. Vers 10h30 je pars, à pieds, à la découverte d'Oviedo. Mon hôtel est situé sur la partie haute dans un quartier résidentiel. Les maisons sont bourgeoises et de belles factures. Le quartier est donc très calme. La descente me ramène dans les rues empruntées hier soir jusqu'à la rue principale, Calle Uria. Les rues adjacentes regorgent de petit commerces et "cafétéria", bars ou restaurants. La partie, dite historique, se trouve au sud-Est au même endroit que la rue dite "du cidre".
Oviedo
Cette rue regroupe toutes les sidreria les plus célèbres d'Oviedo. En la remontant, je tombe sur la cathédrale, monumentale et majestueuse. Le quartier autour de cet édifice regroupe un monastère, le conservatoire et le musée d'archéologie. Quelques monuments remarquables se trouvent à proximité. Ma promenade m'amène au jardin "campo de San Francisco ou je profite, un moment, du calme et de l'énergie dégagée par les arbres centenaires. A 15h00 je prends une salade dans une "cafeteria" et commence ma remontée vers l'hôtel pour une sieste.   La journée s'achève par un retour dans le bar à Tapas d'hier soir ou j'ai sympathisé avec le serveur et quelques clients. L'endroit est confortable et agréable. Mon dîner se fera dans un restaurant que j'ai trouvé dans mes recherches de fin d’après midi. Ce sera la cerise sur le gâteau, un truc à tomber... Un service irréprochable et même davantage. Une cuisine originale tout en restant dans l'âme espagnole et si loin des clichés. Un aguardiente offert par la maison, breuvage que je ne connaissais pas. Une tuerie totale en somme : Restaurante Del Arco.
Oviedo

Oviedo

Oviedo

Ce 16 Avril je pars d'Oviedo pour rejoindre Aguilar de Campoo. 250 km environ qui me font passer de l'Asturie à la Castille y Leon au "puerto de Tarna". Je monte haut. La neige est toute proche. Au plus haut, la vue sur un ensemble de sommets des Picos est superbe.

Puerto de Tarna

Riano
La descente m'amène à "l'embalse de Riano". Pour l'anecdote : je suis incapable de confirmer ou d'infirmer que la photo de Road Trip ait été faite ici. Par contre c'est grandiose. Les montagnes se reflètent dans l'énorme étendue d'eau.
Je poursuis vers Aguilar De Campoo ou j'arrive vers 15h après m’être restauré à Cervera de Puiserga dans une cafétéria tenue par une dame d'un certain âge ne parlant qu'espagnol. Elle a compris que je voulais manger, m'a indiqué un siège et une table. Vu mon incompréhension a ses explications du menu, je lui ai fait une totale confiance pour le choix. J'ai juste compris que ce serait un menu typique Ibérico. Au final j'ai eu une délicieuse salade de pâtes aux fruits de mers, des boulettes de viandes en sauce avec des frites et un gâteau espagnol qui ont bien fait l'affaire.

Riano

Riano

Route vers Aguilar de Campoo

Aguilar de Campoo mérite qu'on s'y arrête. Cette petite ville possède un passé historique marqué par les ruines de la forteresse qui surplombe la cité. Les ruines de l'ancien mur d'enceinte sont présentes dans toute la ville. Si on s'y attarde on découvre un centre très animé. Les ruelles pittoresques foisonnent.  S'y promener est un vrai plaisir. Le cloître de Santa Maria la Real se visite.

Aguilar de Campoo



Jeudi, je fais ce que j'appelle la boucle de Cain. Il s'agit de ce circuit. 





Route vers Cain

La montée jusqu'à Triollo est splendide. J’enchaîne sur le tour de "l'embalse de Camporredando" avant de repasser à Riano pour rejoindre Posada Valdeon qui m'amènera au village de Cain (voir encadré). Depuis le début du périple je n'ai pas vu beaucoup de touristes : là ce n'est pas pareil...
Le village est envahi par des randonneurs et des visiteurs, la plupart espagnols. La "Ruta del rio Cares" mérite le détour. Les gorges sont superbes. Je prends mon repas sur place et repars dans le sens inverse pour bifurquer vers Portilla de la Reina après Posada. Nouveau passage de col et retour a Aguilar de Campoo pour la soirée. Demain je prends la route vers l'Est pour démarrer mon retour en 3 petites étapes. 




Cain et la Ruta del Rio Cares: Le village de Cain est situé en plein cœur des Picos de Europa. C'est le départ d'une randonnée très courue dans cette région. L'accès se fait par la route qui longe le Rio Del Cares. La randonnée se poursuit ensuite à pied si on le souhaite pour 12 km de sentier tortueux et vertigineux. Plus d'infos









Mon départ vers l'est m'amène à Vitoria-Gasteiz. Passer les 30 premiers km, les mots se bousculent dans ma tête pour décrire la beauté de la route suivie, splendide, admirable, merveilleuse... Ce chemin des écoliers me fait passer par Escalada , Trespaderne, l'embalse de Sobron... Tout est magnifique , les paysages, les villages avec leurs maisons de pierres... Tout est plaisir des yeux et des sensations de la conduite. Vitoria-Gasteiz , passé les faubourgs, semble belle et très agréable.

Route de Aguilar a Vitoria


Embalse de Sobron

Ce soir je prends un verre dans un bar quand soudain tout le monde sort, il est 21h. En fait, la population est agglutinée dans la rue, sur les cotés,  en attente. Il s'agit d'une procession du vendredi saint.  Moi qui rêvait d'y être depuis ma lecture d'Astérix en Hispanie à l'âge de 8 ans... Un rêve de plus s'accomplit. Au même rang que celui d'aller voir les éléphants et les girafes ou d'aller à Madagascar et d'autres a venir... Belle conclusion à ce voyage qui se termine après demain.  Pour continuer la soirée je décide de quitter la cuisine espagnole pour l'Italie. Et que j'ai bien fait... Décidément cette ville me plait...

Vitoria-Gasteiz





Ma dernière étape, après avoir traversé un morceau de la Navarre et avant Toulouse, est dans les Pyrénnées Atlantique à Thardet-Sorholus dans une auberge bien sympathique... J'y arrive après avoir passé le col de Larrau ou il fait vraiment frisquet. Le lendemain, je terminerai ce voyage en faisant la route sous une pluie battante. 


Navarre

Hotel du Pont d'Abense




Pour plus de renseignements ou des adresses n'hésitez pas à poster un commentaire. Merci.

L'intégralité des photos est disponible ici sous forme de ebook sans frais (cliquer sur plein écran et diaporama). 



4 commentaires:

  1. superbe compte rendu, qui m'a rappelé de bons souvenirs.

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  2. Jolie balade. Bienheureux les lacs !

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  3. superbe !!! Une région peu connue dans le milieu motard !!

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  4. Super tes reportages... ça me fout les boules!

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